Mais pas aujourd’hui…

En face de chez moi, il y a un terrain de foot ou de volley selon l’humeur des joueurs. Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, il y a presque toujours des jeunes qui jouent là… mais pas aujourd’hui.

Devant chez moi, passe le bus 54 qui va vers Trône… mais pas aujourd’hui.

Derrière chez moi, il y a la place de l’altitude cent d’où résonne le cri des trams, comme j’aime à le dire, que j’entends de ma cuisine… mais pas aujourd’hui.

Tout s’est arrêté, tout c’est figé. Quelques voitures passent, mais il y a un silence étrange plein de tristesse interrompu parfois par une voiture qui passe sirènes hurlantes.

Aujourd’hui, la Belgique est sous le soleil, seule petite sensation de chaleur extérieure, car aujourd’hui nos cœurs pleurent.

Je ne suis pas Belge, mais j’habite ici à Bruxelles, dans cette ville qui m’a attirée comme un aimant, il y a 4 ans. Je ne suis pas touchée, mais je suis touchée. Ce genre de blessure profonde qui nous empêche de respirer convenablement. J’ai envie de pleurer face à cette haine, à ce déchaînement de grand n’importe quoi, face à tous ces gens meurtris dans leur chair, face à ceux qui ce soir ne reverront pas ceux qui y seront restés au nom de je ne sais quoi.

Je me demande souvent pourquoi ? Il y a des dizaines de réponses, mais aucune ne peut me satisfaire, car c’est illogique. La violence n’est pas logique. On dit souvent qu’elle est l’acte des lâches qui ne savent pas s’exprimer d’une autre manière. « Tais-toi et encaisse ». Mais on dit aussi que la violence amène la violence. Cela veut-il dire que jamais cela ne s’arrêtera ?

Vous savez, j’ai eu la chance (jusqu’à maintenant) de vivre dans un environnement de paix, bien sûr depuis que je suis née il y a eu des attentats et des conflits de par le monde, mais maintenant cela devient notre quotidien et c’est là juste à la porte de nos maisons.

Les générations de nos parents ont vécu, elles, deux grandes guerres ! Je ne sais pas, peut-être que dans certains pays, ils n’en parlent pas à l’école. Qu’ils ne savent pas ou ne veulent pas savoir. On se dit souvent qu’il est inutile de commémorer ses deux grands conflits ou d’autres, mais c’est indispensable pour éviter que cela ne recommence.

Mais aujourd’hui, ça continue… encore. Je me suis toujours sentie en sécurité à Bruxelles, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs… mais pas aujourd’hui.

J’ai envie que cette légèreté revienne envahir le monde.

J’ai envie que les gens cessent de se regarder du coin de l’œil plein de suspicion.

J’ai envie que le monde change…

Je suis une utopiste qui croit toujours en la beauté des choses et la bonté des gens. Quoi qu’il se passe, on ne pourra pas m’enlever cela.

 

À mes amis belges, soyez prudents !

À tout le reste du monde, soyez le aussi.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout.

Sylvie

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© Sylvie Ginestet
Auteure de la trilogie des Imhumvamps : T1 ‘Le Miracle’, T2’La Recouvrance’ , T3 ‘Une vie pour la vie’ & ‘Les Ombres s’amusent’ Thriller fantastique & ‘Le Livre des âmes’ – Tome 1 Bethany (Livr’S Éditions)

Format Papier pour les cinq ouvrages : sylviesgginestet@live.fr ou sur Amazon.com pour les formats E.book.

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